French writing workshop assignment. Turned in my final draft today. Copied below.
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Si la Chine n’a plus autant d’attrait qu’auparavant pour les expatriés, ce
n’est pas qu’elle ne connaisse pas autant de développement économique ces
dernières années qu’il y a dix ans, c’est que ses défis hors du domaine
économique sont de plus en plus inquiétants. Pourquoi quittent-ils la
Chine ? Dans cet essai, je tenterai de donner quelques raisons que j’ai collectées
après avoir suivi ce courant pendant longtemps.
En 2012, beaucoup d’expatriés vivant en Chine ont
écrit sur leurs intentions de quitter la Chine, dont les plus célèbres sont
deux articles anglais « Why I’m Leaving China » (Pourquoi quitte-je la Chine) et « You’ll
Never Be Chinese » (Tu ne seras
jamais chinois). Le premier article, « Why I’m Leaving China », est écrit par
Charlie Custer, fondateur et rédacteur en chef du célèbre blog « China
Geeks ». Dès lors qu’il a obtenu sa licence en études de l’Asie de l’Est
en 2008, Custer a passé quatre ans en Chine à écrire et à filmer un
documentaire. A la suite d’une injustice qu’il a dû subir lors d’une querelle
avec un présentateur de la Télévision centrale de Chine (CCTV), Custer a annoncé
sur son blog le 25 juillet qu’il avait décidé de retourner aux Etats-Unis. Comme
Custer l’explique dans son article, ses conflits avec le présentateur n’ont
rien à voir avec cette décision. Il n’écrit pas sur ses raisons
familiales ou personnelles, mais offre deux raisons secondaires et néanmoins importantes.
La première raison est la terrible
pollution atmosphérique. Custer raconte qu’à Pékin, où il a vécu avec sa femme,
la pollution de l’air est une réalité de la vie quotidienne à laquelle les habitants
doivent faire face. Les familles plus riches installent des filtres à air, les
autres portent des masques quand ils sont obligés de sortir. Le taux de cancer à
Pékin a augmenté de 60% depuis dix ans et plus de 8% des morts en Chine sont
des morts prématurées liées à la pollution de l’air. Custer admet que la
plupart des gens à Pékin font avec, car il n’y a pas vraiment d’autres moyens. Mais
il n’est pas chinois, et il a la liberté de quitter la ville comme il veut. Aussi,
malgré son amour pour cette vieille ville fascinante, Custer a-t-il expliqué
que son choix avait été fait facilement : « Quand je pense à ma femme et à
mes futurs enfants, cela devient pire. »
Custer a raison, car la pollution
de l’air à Pékin n’est devenue que plus aggravante depuis son départ. Le samedi
12 janvier, la mesure des particules PM 2,5 à Pékin a atteint des taux records
de 800 microgrammes/m3 d’air dont le maximum était de 993 mg/m3.[1]
A l’échelle nationale, seuls 1% des habitants urbains chinois respirent de
l’air considéré comme sain par le standard européen. D’après la Banque
mondiale, 16 des 20 villes avec la pire qualité de l’air du monde se situent en
Chine. La croissance économique chinoise a ses conséquences graves. La
consommation de charbon et la circulation automobile, entre autres, contribuent
à l’air extrêmement pollué d’aujourd’hui. Bien que le gouvernement chinois ait
commencé à publier, de manière plus transparente, des informations sur la
pollution, il ne semble pas que la pollution elle-même soit résolue dans un
avenir proche.
La deuxième raison que donne Custer est la
sécurité alimentaire en Chine, problème également répandu dans le pays. Dans son
article, Custer montre le lien d’un site chinois qui répertorie, depuis 2008,
tous les produits confirmés ou suspectés par les médias chinois d’être nocifs
pour la santé. Presque toutes les catégories de nourriture sont mentionnées, et
comme le décrit un reportage français effectué en 2007, « bicarbonate de soude
dans les petits pains (baozi) pour blanchir la farine, glutamate de sodium dans
tous les plats en sauce, rupture de la chaîne du froid ou mauvaises conditions
de transports et de stockages des aliments, la Chine excelle dans l’art du fait
divers en matière de sécurité alimentaire »[2].
Depuis 2008, la sécurité alimentaire attire
d’autant plus d’attention que quatre nourrissons chinois ont été
déclarés morts et que 300000 autres enfants sont tombés malades suite à
la consommation de lait contaminé par la mélamine en Chine. Aujourd’hui, aucun
parent n’achète du lait fabriqué en Chine. Ceux qui ont des amis à l’étranger leur
demandent d’envoyer du lait en poudre depuis l’Europe, l’Australie, et les
Etats-Unis. En février, le gouvernement de Hong Kong a passé une nouvelle loi interdisant
à toute personne d’emporter plus de deux boîtes de lait en quittant Hong Kong tellement
l’achat des parents de la Chine continentale a heurté les habitants de Hong
Kong.
En terminant son article, Custer écrit que
même si les raisons politiques avaient joué un rôle dans sa prise de décision,
il aurait voulu rester en Chine malgré la politique, si l’air et la nourriture
en Chine n’étaient pas aussi terrifiants que cela. (Mais « c’est une étape
naturelle du développement, écrit-il, je ne sais pas si Londres à son époque
d’industrialisation semblait dans un état aussi mauvais que celui-là, mais je
crois que la ville n’était pas la plus propre. »)
Par rapport à Charlie Custer, l’auteur de
« You’ll Never Be Chinese » (Tu ne seras jamais chinois) a une relation encore
plus profonde avec la Chine. Mark Kitto était étudiant en Chine pendant les
années 80 où il a été témoin des manifestations de 1987, une série de protestations
qui ont précédé « l’incident » survenu sur la place Tian’anmen en 1989. Il est
revenu en Chine en 1996 et s’y est installé. Il a épousé une femme chinoise
avec qui il a eu deux enfants. Avant son départ pour l’Angleterre, il avait
vécu en Chine pendant 16 ans.
Dans son article, Kitto ne passe pas
beaucoup de temps à aborder la pollution de l’air ou la sécurité alimentaire en
Chine ; son analyse émane d’une compréhension plus complète du pays
puisqu’il a connu l’évolution sociale que la Chine a subie depuis la réforme
de Deng Xiaoping en 1979. Kitto se souvient que lorsqu’il étudiait à Pékin pour
la première fois, la réforme économique venait de libérer le marché, le peuple
était optimiste, rien n’était cher et les étudiants expatriés « vivaient comme
des rois ». En 1996, quand Kitto est revenu en Chine, le climat optimiste n’avait
pas changé, mais il y avait une différence subtile : partout on pouvait
sentir l’odeur du commerce. L’argent avait remplacé l’idéal.
Aujourd’hui, la vie en Chine est de plus
en plus chère. Les conditions d’investissement sont de plus en plus hostiles
envers les expatriés. Kitto a commencé sa carrière en Chine dans le commerce du
métal. Puis il a créé un magazine qui s’est fait interdire par le gouvernement à
cause de ses sujets sensibles. Après son échec dans l’édition, Kitto s’est
retiré avec sa famille dans le banlieue de Shanghai et a ouvert un petit café
ainsi que trois pensions, à l’écart de la censure gouvernementale. Mais il vit
toujours dans la crainte que le gouvernement ne lui confère pas son certificat chaque
fois qu’il doit le renouveler, à savoir tous les trois ans. C’est un cauchemar.
Qui plus est, Kitto écrit que la cause
principale de sa décision de partir est l’éducation de ses deux enfants. D’après
Kitto, l’éducation chinoise vise à entraîner « des bêtes de concours » qui
n’ont pas de temps pour des activités parascolaires. Les classes d’éthique
obligatoires instillent une idéologie démodée aux élèves qui auront du mal à
devenir de libres penseurs. Ceux qui sortent des écoles chinoises ne sont pas
de jeunes polyvalents, sociables, ayant beaucoup de curiosité ; ils sont
strictement divisés en deux groupes : les champions et les losers. La
pression mise sur les enfants est immense. Il y a de bonnes écoles dans
quelques grandes villes, bien sûr, mais elles sont très chères et presque toujours
réservées à la classe privilégiée. Quant aux écoles internationales, elles ont
toutes un quota pour les élèves chinois, donc tout le monde ne peut pas s’y inscrire.
« Beaucoup de mes amis locaux abhorrent autant le système que moi, mais ils
n’ont pas de choix. J’ai le choix. J’ai de la chance. »[3]
Somme toute, le gouvernement chinois serait bien
inspiré de tirer des leçons de ce que disent ces deux articles, surtout que
cette nouvelle vague de migration est plus répandue que parmi les seuls expatriés.
Bibliographie
« Chine : la
pollution de l’air pousse Pékin ‘à accepter plus de transparence’ », Le Monde, mis en ligne le 28 janvier,
2013.
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/01/28/chine-la-pollution-de-l-air-pousse-pekin-a-accepter-plus-de-transparence_1823481_3216.html.
[7 mars 2013]
« Scandale du
lait frelaté en 2008 ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_lait_frelat
%C3%A9_en_2008. [7
mars 2013]
CUSTER, Charlie,
« Why do I leave China », China Geeks,
mis en ligne le 25 juillet, 2012. http://chinageeks.org/2012/07/why-im-leaving-china/.
[6 mars 2013]
QUARTZ, Naomi
Rovnick, « Behind the Boon in Chinese Students at U.S. Colleges », National Journal, mis en ligne le 13
novembre, 2012. http://www.nationaljournal.com/thenext
america/education/behind-the-boom-in-chinese-students-at-u-s-colleges-20121113.
[6 mars 2013]
ZINGARO,
Frédérique, « Le problème de la sécurité alimentaire en Chine », Aujourd’hui la Chine, mis en ligne le 23
juin, 2007.
http://chine.aujourdhuilemonde.com/le-probleme-de-la-securite-alimentaire-en-chine.
[7 mars 2013]
[1] En Europe, la mesure
porte plus souvent sur les particules PM 10 au lieu des particules PM 2,5, mais
selon le standard de l’EPA, « Agence américaine de protection de
l’environnement », une lecture inférieure à 50 des particules PM 2,5 est saine
pour la population, l’air devient néfaste quand la lecture atteint 150 et
dangereux à partir d’une lecture de 300.
[2] « Le problème de la sécurité alimentaire en Chine », Aujourd’hui la Chine,
Frédérique Zingaro, le 23 juin, 2007.
[3]
En fait, même les ressortissants de la classe
moyenne en Chine, dont les moyens sont plus limités que ceux dles
riches, se saisissent de l’idée d’avoir leurs enfants éduqués à l’étranger. Pendant l’année académique
2011-2012, environ 200000 étudiants chinois étaient
inscrits aux universités américaines, soit une
augmentation de 23% par rapport à l’année précédente.
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