Tuesday, March 26, 2013

Pourquoi quittent-il la Chine?

French writing workshop assignment. Turned in my final draft today. Copied below.

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Si la Chine n’a plus autant d’attrait qu’auparavant pour les expatriés, ce n’est pas qu’elle ne connaisse pas autant de développement économique ces dernières années qu’il y a dix ans, c’est que ses défis hors du domaine économique sont de plus en plus inquiétants. Pourquoi quittent-ils la Chine ? Dans cet essai, je tenterai de donner quelques raisons que j’ai collectées après avoir suivi ce courant pendant longtemps.
En 2012, beaucoup d’expatriés vivant en Chine ont écrit sur leurs intentions de quitter la Chine, dont les plus célèbres sont deux articles anglais « Why I’m Leaving China » (Pourquoi quitte-je la Chine) et « You’ll Never Be Chinese » (Tu ne seras jamais chinois). Le premier article, « Why I’m Leaving China », est écrit par Charlie Custer, fondateur et rédacteur en chef du célèbre blog « China Geeks ». Dès lors qu’il a obtenu sa licence en études de l’Asie de l’Est en 2008, Custer a passé quatre ans en Chine à écrire et à filmer un documentaire. A la suite d’une injustice qu’il a dû subir lors d’une querelle avec un présentateur de la Télévision centrale de Chine (CCTV), Custer a annoncé sur son blog le 25 juillet qu’il avait décidé de retourner aux Etats-Unis. Comme Custer l’explique dans son article, ses conflits avec le présentateur n’ont rien à voir avec cette décision. Il n’écrit pas sur ses raisons familiales ou personnelles, mais offre deux raisons secondaires et néanmoins importantes.
La première raison est la terrible pollution atmosphérique. Custer raconte qu’à Pékin, où il a vécu avec sa femme, la pollution de l’air est une réalité de la vie quotidienne à laquelle les habitants doivent faire face. Les familles plus riches installent des filtres à air, les autres portent des masques quand ils sont obligés de sortir. Le taux de cancer à Pékin a augmenté de 60% depuis dix ans et plus de 8% des morts en Chine sont des morts prématurées liées à la pollution de l’air. Custer admet que la plupart des gens à Pékin font avec, car il n’y a pas vraiment d’autres moyens. Mais il n’est pas chinois, et il a la liberté de quitter la ville comme il veut. Aussi, malgré son amour pour cette vieille ville fascinante, Custer a-t-il expliqué que son choix avait été fait facilement : « Quand je pense à ma femme et à mes futurs enfants, cela devient pire. »
Custer a raison, car la pollution de l’air à Pékin n’est devenue que plus aggravante depuis son départ. Le samedi 12 janvier, la mesure des particules PM 2,5 à Pékin a atteint des taux records de 800 microgrammes/m3 d’air dont le maximum était de 993 mg/m3.[1] A l’échelle nationale, seuls 1% des habitants urbains chinois respirent de l’air considéré comme sain par le standard européen. D’après la Banque mondiale, 16 des 20 villes avec la pire qualité de l’air du monde se situent en Chine. La croissance économique chinoise a ses conséquences graves. La consommation de charbon et la circulation automobile, entre autres, contribuent à l’air extrêmement pollué d’aujourd’hui. Bien que le gouvernement chinois ait commencé à publier, de manière plus transparente, des informations sur la pollution, il ne semble pas que la pollution elle-même soit résolue dans un avenir proche.
La deuxième raison que donne Custer est la sécurité alimentaire en Chine, problème également répandu dans le pays. Dans son article, Custer montre le lien d’un site chinois qui répertorie, depuis 2008, tous les produits confirmés ou suspectés par les médias chinois d’être nocifs pour la santé. Presque toutes les catégories de nourriture sont mentionnées, et comme le décrit un reportage français effectué en 2007, « bicarbonate de soude dans les petits pains (baozi) pour blanchir la farine, glutamate de sodium dans tous les plats en sauce, rupture de la chaîne du froid ou mauvaises conditions de transports et de stockages des aliments, la Chine excelle dans l’art du fait divers en matière de sécurité alimentaire »[2].
Depuis 2008, la sécurité alimentaire attire d’autant plus d’attention que quatre nourrissons chinois ont été déclarés morts et que 300000 autres enfants sont tombés malades suite à la consommation de lait contaminé par la mélamine en Chine. Aujourd’hui, aucun parent n’achète du lait fabriqué en Chine. Ceux qui ont des amis à l’étranger leur demandent d’envoyer du lait en poudre depuis l’Europe, l’Australie, et les Etats-Unis. En février, le gouvernement de Hong Kong a passé une nouvelle loi interdisant à toute personne d’emporter plus de deux boîtes de lait en quittant Hong Kong tellement l’achat des parents de la Chine continentale a heurté les habitants de Hong Kong.
En terminant son article, Custer écrit que même si les raisons politiques avaient joué un rôle dans sa prise de décision, il aurait voulu rester en Chine malgré la politique, si l’air et la nourriture en Chine n’étaient pas aussi terrifiants que cela. (Mais « c’est une étape naturelle du développement, écrit-il, je ne sais pas si Londres à son époque d’industrialisation semblait dans un état aussi mauvais que celui-là, mais je crois que la ville n’était pas la plus propre. »)
Par rapport à Charlie Custer, l’auteur de « You’ll Never Be Chinese » (Tu ne seras jamais chinois) a une relation encore plus profonde avec la Chine. Mark Kitto était étudiant en Chine pendant les années 80 où il a été témoin des manifestations de 1987, une série de protestations qui ont précédé « l’incident » survenu sur la place Tian’anmen en 1989. Il est revenu en Chine en 1996 et s’y est installé. Il a épousé une femme chinoise avec qui il a eu deux enfants. Avant son départ pour l’Angleterre, il avait vécu en Chine pendant 16 ans.
Dans son article, Kitto ne passe pas beaucoup de temps à aborder la pollution de l’air ou la sécurité alimentaire en Chine ; son analyse émane d’une compréhension plus complète du pays puisqu’il a connu l’évolution sociale que la Chine a subie depuis la réforme de Deng Xiaoping en 1979. Kitto se souvient que lorsqu’il étudiait à Pékin pour la première fois, la réforme économique venait de libérer le marché, le peuple était optimiste, rien n’était cher et les étudiants expatriés « vivaient comme des rois ». En 1996, quand Kitto est revenu en Chine, le climat optimiste n’avait pas changé, mais il y avait une différence subtile : partout on pouvait sentir l’odeur du commerce. L’argent avait remplacé l’idéal.
Aujourd’hui, la vie en Chine est de plus en plus chère. Les conditions d’investissement sont de plus en plus hostiles envers les expatriés. Kitto a commencé sa carrière en Chine dans le commerce du métal. Puis il a créé un magazine qui s’est fait interdire par le gouvernement à cause de ses sujets sensibles. Après son échec dans l’édition, Kitto s’est retiré avec sa famille dans le banlieue de Shanghai et a ouvert un petit café ainsi que trois pensions, à l’écart de la censure gouvernementale. Mais il vit toujours dans la crainte que le gouvernement ne lui confère pas son certificat chaque fois qu’il doit le renouveler, à savoir tous les trois ans. C’est un cauchemar.
Qui plus est, Kitto écrit que la cause principale de sa décision de partir est l’éducation de ses deux enfants. D’après Kitto, l’éducation chinoise vise à entraîner « des bêtes de concours » qui n’ont pas de temps pour des activités parascolaires. Les classes d’éthique obligatoires instillent une idéologie démodée aux élèves qui auront du mal à devenir de libres penseurs. Ceux qui sortent des écoles chinoises ne sont pas de jeunes polyvalents, sociables, ayant beaucoup de curiosité ; ils sont strictement divisés en deux groupes : les champions et les losers. La pression mise sur les enfants est immense. Il y a de bonnes écoles dans quelques grandes villes, bien sûr, mais elles sont très chères et presque toujours réservées à la classe privilégiée. Quant aux écoles internationales, elles ont toutes un quota pour les élèves chinois, donc tout le monde ne peut pas s’y inscrire. « Beaucoup de mes amis locaux abhorrent autant le système que moi, mais ils n’ont pas de choix. J’ai le choix. J’ai de la chance. »[3]
Somme toute, le gouvernement chinois serait bien inspiré de tirer des leçons de ce que disent ces deux articles, surtout que cette nouvelle vague de migration est plus répandue que parmi les seuls expatriés.

Bibliographie

« Chine : la pollution de l’air pousse Pékin ‘à accepter plus de transparence’ », Le Monde, mis en ligne le 28 janvier, 2013. http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/01/28/chine-la-pollution-de-l-air-pousse-pekin-a-accepter-plus-de-transparence_1823481_3216.html. [7 mars 2013]

« Scandale du lait frelaté en 2008 ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_lait_frelat
%C3%A9_en_2008. [7 mars 2013]

CUSTER, Charlie, « Why do I leave China », China Geeks, mis en ligne le 25 juillet, 2012. http://chinageeks.org/2012/07/why-im-leaving-china/. [6 mars 2013]

QUARTZ, Naomi Rovnick, « Behind the Boon in Chinese Students at U.S. Colleges », National Journal, mis en ligne le 13 novembre, 2012. http://www.nationaljournal.com/thenext
america/education/behind-the-boom-in-chinese-students-at-u-s-colleges-20121113. [6 mars 2013]

ZINGARO, Frédérique, « Le problème de la sécurité alimentaire en Chine », Aujourd’hui la Chine, mis en ligne le 23 juin, 2007. http://chine.aujourdhuilemonde.com/le-probleme-de-la-securite-alimentaire-en-chine. [7 mars 2013]



[1] En Europe, la mesure porte plus souvent sur les particules PM 10 au lieu des particules PM 2,5, mais selon le standard de l’EPA, « Agence américaine de protection de l’environnement », une lecture inférieure à 50 des particules PM 2,5 est saine pour la population, l’air devient néfaste quand la lecture atteint 150 et dangereux à partir d’une lecture de 300.
[2] « Le problème de la sécurité alimentaire en Chine », Aujourd’hui la Chine, Frédérique Zingaro, le 23 juin, 2007.
[3] En fait, même les ressortissants de la classe moyenne en Chine, dont les moyens sont plus limités que ceux dles riches, se saisissent de l’idée d’avoir leurs enfants éduqués à l’étranger. Pendant l’année académique 2011-2012, environ 200000 étudiants chinois étaient inscrits aux universités américaines, soit une augmentation de 23% par rapport à l’année précédente.

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