Sunday, October 28, 2012

Sartre and the socially engaged intellectual

Spent quite some time, though not nearly enough, reading on this topic while I was preparing for my presentation two weeks ago. It was a perfect topic since doubts about the role of intellectuals in society had been bothering me for so long. It's not resolved, but I certainly learned something about Sartre's approach. The link between his engagement and his existentialist philosophy was quite enlightening. I didn't use to take Sartre's philosophy seriously — I guess I didn't take to his naive support for the communist causes so much, but this limited research certainly sparked my interest in existentialism.

I also wonder if phenomenology can ever be overridden so long as human's (healthy, in my humble opinion) humility stands.

Pasted below is the text/hand-out for the presentation. I paraphrased lots of what I read and didn't put up footnotes properly. All used sources are included in the bibliography, though — well, I don't claim any intellectual originality for this presentation anyhow.


Exposé oral : Sartre et l’engagement des intellectuels

Introduction

Né le 21 juin 1905 à Paris, ancien élève de la célèbre Ecole Normale Supérieure (l’ENS), Sartre est un écrivain de langue française et un philosophe mondialement connu. Auteur prolifique, il laisse derrière lui une œuvre considérable sous forme de romans
(« La nausée », « Les chemins de la liberté »), d’essais (« Réflexions sur la question juive », « Plaidoyer pour les intellectuels »), de pièces de théâtre (« Les mouches », « Huis clos »), d’écrits philosophiques
(« L’être et le néant », « L’existentialisme est un humanisme ») ou de biographies (« Les mots »). D’une manière ou d’une autre, nous avons tous un jour entendu parler de Sartre, à travers son histoire d’amour avec la philosophe Simone de Beauvoir, sa philosophie existentialiste, son rejet du prix Nobel de littérature, ou bien encore, son engagement social en tant qu’intellectuel.

C’est ce dernier point que J’ai choisi d’aborder aujourd’hui. Je commencerai avec l’histoire de l’engagement des intellectuels, citant en particulier deux affaires importantes dans l’histoire de la France, l’Affaire Calas au XVIIIe siècle et l’Affaire Dreyfus au XIXe siècle. Ensuite, je parlerai de l’engagement de Sartre et de sa compréhension de la responsabilité de l’intellectuel. En guise de conclusion, nous lancerons des réflexions sur la situation de l’intellectuel aujourd’hui.

I. L’histoire de l’engagement des intellectuels

a. Voltaire et l’Affaire Calas, XVIIIe siècle

Jean Calas naît dans une famille protestante en 1698. Il épouse Anne-Rose Cabibel, protestante comme lui en 1731. Le couple a quatre fils et deux filles. En 1756, l’un des fils se convertit au catholicisme.

Le 13 octobre 1761, Marc-Antoine Calas, le fils aîné de Jean Calas, est retrouvé étranglé au rez-de-chaussée de sa maison. Le capitoul du parlement de Toulouse, David de Beaudrigue, mène l’enquête. Bien que Jean Calas proclame son innocence, de Beaudrigue le condamne au supplice de la roue, influencé par la rumeur selon laquelle Jean Calas redoutait la conversion d’un second fils.

Informé de l’affaire par un marchand, Voltaire croit d’abord que Calas a tué son fils par fanatisme. Mais après avoir rencontré Pierre, un autre fils de Jean Calas, Voltaire commence sa propre enquête et finit par être convaincu de l’innocence de Calas.

Afin d’obtenir la révision du procès, Voltaire utilise tous les moyens disponibles pour mobiliser l’opinion publique. Il rédige plusieurs articles dans la presse et inonde de lettres les personnes influentes. En novembre 1673, il publie l’ouvrage « Traité sur la tolérance » sur la question de la tolérance religieuse.

En 1675, Voltaire parvient à faire réviser le procès. Calas est déclaré innocent 3 ans après sa mort. Voltaire est ainsi considéré comme le premier écrivain français à s’engager publiquement dans une affaire judiciaire.

b. Zola et l’Affaire Dreyfus, XIXe siècle

L’Affaire Dreyfus commence lorsque Alfred Dreyfus, capitaine français de confession juive, est condamné fin 1894 pour avoir prétendument livré des documents secrets français à l’Empire allemand. Bien que l’armée française rende compte du vrai coupable en 1896, l’État-Major refuse de reconnaître cette grave erreur judiciaire : ce qui est fait est fait, on ne revient jamais en arrière.

Le 13 janvier 1898, Zola donne une nouvelle dimension à l’affaire en publiant en première page du journal L’Aurore, une lettre ouverte au président Félix Faure. Le 15 janvier, Le Temps publie une pétition réclamant la révision du procès, signée des noms d’Émile Zola, Anatole France, Marcel Proust et Claude Monet. Les procès Zola qui suivent font diffuser la réalité de l’Affaire Dreyfus au public, tandis que Zola est condamné à un an de prison et à 3 000 francs d’amende, la peine maximale. L’écrivain quitte la France avant la fin du procès et part pour un exil d’un an en Angleterre.

L’Affaire Dreyfus devient ainsi l’Affaire, divisant la société française en deux camps opposés, les « dreyfusards » et les « antidreyfusards ». Enfin, la Justice a gagné. Dreyfus est réhabilité en 1906, douze ans après sa déportation.

L’Affaire Dreyfus a bouleversé la France. L’origine moderne du terme « intellectuel » se trouve dans le « Manifeste des intellectuels en faveur du capitaine Dreyfus » (numéro du 14 janvier 1898 de L’Aurore). Les « antidreyfusards » lui donnent un sens péjoratif en le popularisant. Depuis l’Affaire, le mot « intellectuel » est utilisé plus précisément pour désigner quelqu’un qui s’engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs.

II. Sartre au XXe siècle

Dans la continuité de Voltaire et de Zola, Sartre se présente comme un symbole de l’intellectuel engagé, de 1944 jusqu’à sa mort en avril 1980. Il est l’un des rares à avoir poussé si loin l’analyse de l’impossible statut de l’intellectuel.

a. La guerre et la transformation de Sartre

Avant la Seconde Guerre Mondiale, Sartre n’a pas de conscience politique. Il est très individualiste et nous connaissons très bien cette phrase dans « Huis clos », « L’Enfer c’est les Autres ».

L’expérience de la guerre le transforme complètement. Pendant la drôle de guerre, il est engagé comme soldat météorologiste. En 1940, Sartre est fait prisonnier dans un camp de détention en Allemagne. Cette expérience lui enseigne la solidarité avec les hommes. Dorénavant, il se fixe un devoir dans la communauté.  Sartre a commencé à faire partie du Parti communiste en 1952. Il le quitte en 1956 après les chars [tanks] soviétiques ont écrasé l’insurrection de Budapest.

Sartre n’a jamais cessé son engagement en tant qu’intellectuel : ses prises de position sur les guerres coloniales (la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie), ses voyages en Union Soviétique, à Cuba, en Chine, son refus du Nobel, son implication dans les événements de Mai 68, son militantisme gauchiste, etc., etc..

b. L’engagement satrien

La notion d’engagement chez Sartre est liée à sa philosophie existentialiste, à la condition humaine comme telle. Nous sommes condamnés à l’engagement de la même façon que nous sommes condamnés à être libres. L’engagement n’est pas l’effet d’une décision volontaire : je ne décide pas d’être ou non engagé car je suis toujours déjà engagé, comme je suis jeté au monde. Ainsi, l’homme est toujours responsable. Personne ne peut prétendre à la neutralité puisque passer sous silence, c’est encore choisir.

Dans « Plaidoyer pour les intellectuels », Sartre définit l’intellectuel comme « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». L’intellectuel se rend compte de la contradiction en lui-même entre « la recherche de la vérité pratique (avec toutes les normes qu’elle implique) et l’idéologie dominante (avec son système de valeurs traditionnelles). » Gardant à l’esprit cette contradiction, l’intellectuel prend le point de vue des plus défavorisés et s’engage dans la société.

Conclusion

Après Sartre, on a eu Michel Foucault qui s’est battu pour les droits des prisonniers, on a eu Pierre Bourdieu qui a lutté pour ceux des chômeurs. Mais on est en 2012 aujourd’hui, les sciences dures gagnent du terrain. Donc, la question se pose: « Est-ce qu’il existe encore l’intellectuel comme eux ? »

Bibliographie

« Jean Calas ». http://en.wikipedia.org/wiki/Jean_Calas [17 octobre 2012]

« Affaire Calas ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Calas [17 octobre 2012]

« L’affaire Calas ». http://www.site-magister.com/afcal.htm [17 octobre 2012]

« Affaire Dreyfus ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dreyfus [17 octobre 2012]

« Émile Zola ». http://en.wikipedia.org/wiki/Émile_Zola [17 octobre 2012]

« Intellectuel ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Intellectuel [18 octobre 2012]

« Jean-Paul Sartre ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre [18 octobre 2012]

WAGNER, Patrick, « La notion d’intellectuel engagé chez Sartre », Le Portique [En ligne], Archives des Cahiers de la recherche, Cahier 1 2003, mis en ligne le 17 mars 2005. http://leportique.revues.org/index381.html [18 octobre 2012]

SAEIDABÂDI, Amir Karimi, « L’étude de l’engagement selon Jean-Paul Sartre », La revue de Teheran [En ligne]. No24 novembre 2007. http://www.teheran.ir/spip.php?article106 [18 octobre 2012]

SARTRE, Jean-Paul, Plaidoyer pour les intellectuels, Idées Gallimard, Paris, 1972, p. 12, p. 40-41.

MAUROT, Elodie, « L’intellectuel à la française existe-t-il encore ? ». La Croix [En ligne], mis en ligne le 29 novembre 2009. http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Actualite/L-intellectuel-a-la-francaise-existe-t-il-encore-_NG_-2009-11-29-569396 [18 octobre 2012]

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